Points-clé
- La paralysie extérieure active d’abord une réponse de votre corps : le figement est une réaction du système nerveux avant d’être une question de mindset.
- Un système nerveux en hypervigilance rétrécit la vision, favorise les décisions court terme et justifie rationnellement le repli.
- Développer une base de régulation solide du système nerveux transforme votre posture : vous passez de thermomètre (subir l’ambiance générale) à thermostat (influencer l’ambiance autour de vous).
- Dans un contexte incertain, la stabilité interne devient un levier de leadership silencieux: elle modifie la qualité de vos décisions et l’état des systèmes autour de vous.
Actuellement, nous avons la sensation de vivre dans le brouillard, comme une saturation d’incertitudes extérieures.
Un contexte politico-budgétaire qui tient la France en haleine depuis des mois. Une période électorale qui maintient tout le monde dans les starting-blocks. Une situation internationale qui bouscule les certitudes. Des évolutions technologiques qui chamboulent tout d’une semaine à l’autre.
Et tout se fige : les élans, les projets, les décisions, les investissements.
Nous l’observons tous autour de nous !
Tout est “en attente”, avec un besoin de plus de visibilité et l’espoir de plus de certitudes pour pouvoir avancer.
Quand le figement devient interne
C’est exactement ce qu’a ressenti une dirigeante il y a quelques mois.
Lors d’un nouveau rendez-vous, tous les signaux étaient au vert pour engager le projet.
Et finalement : “Nous préférons attendre.” Raison invoquée : le manque de visibilité sur les prochains mois.
Quand c’était un rendez-vous de temps en temps, elle savait gérer. Mais faire face à cette paralysie en permanence … c’était devenu trop pesant.
Rationnellement, ces décisions se comprennaient. Mais l’accumulation l’avait figée également. Elle se sentait démunie.
Son optimisme avait laissé place à des tourbillons de pensées nocturnes. Sa capacité à mobiliser son équipe s’était teintée d’agacement. Son énergie pour le sport s’était transformée en fatigue dès le réveil, cherchant désespérément à retrouver de l’énergie avec plus de café.
Le figement s’était installé dans sa propre manière de se diriger au quotidien.
Elle ressentait cette sensation étrange : la volonté de se battre, de vouloir en faire plus …mais des pensées et des décisions teintées de résistance. Comme si elle avait un pied sur l’accélérateur … et l’autre sur le frein.
Ce n’est pas qu’un sujet de mindset
Dans ce contexte, un coaching mindset vous dira : “Change ton regard. Concentre-toi sur le positif. Fonce.”
C’est intéressant … en partie.
Votre regard ne change pas simplement parce que vous le décidez intellectuellement. Vos actions peuvent bouger de cette manière … mais pas dans la durée.
Sous la surface, votre système interne continue de scanner les signaux. S’il perçoit une menace, même subtile, il active l’hypervigilance. Et c’est là que naissent notre manière de regarder les situations et nos pensées.
Quand l’hypervigilance s’installe :
- l’attention se focalise sur ce qui nous menace (on ne voit que ce qui confirme la paralysie ambiante)
- les décisions deviennent prudentes, court terme parfois restrictives, parce que ce sont ces schémas neuronaux qui sont activés
- les arguments rationnels viennent toujours justifier le repli puisqu’un système en hypervigilance ne voit que ce qui conforte son choix.
C’est une réponse du système nerveux avant d’être une question de mindset.
Et cela impacte aussi toutes vos relations : avec vos équipes, avec vos clients ou prospects, et même dans votre sphère personnelle.
Cela vous parle ?
Thermomètre ou thermostat ?
Alors comment ouvrir réellement notre regard pour prendre de la hauteur sur la situation ?
Un système nerveux sans base solide fonctionne comme un thermomètre. Il subit la “température” ambiante. Si le climat est instable, il devient instable. Si l’environnement est inquiet, il absorbe l’inquiétude.
Par contre, un système tonique, avec une base de régulation solide, devient un thermostat. Il perçoit la “température” ambiante … mais ne s’y confond pas. Il reste ancré dans sa propre norme. Ainsi, l’hypervigilance redevient ce qu’elle est censée être pour nos systèmes nerveux : une exception. Pas un mode de fonctionnement permanent.
Quand cette base est solide :
- le regard s’élargit, au sens propre comme figuré,
- les opportunités redeviennent visibles,
- l’énergie redevient disponible,
- les ressources se redistribuent vers la capacité de réflexion à long terme.
Ce sont simplement des changements physiologiques, que nous ne contrôlons pas, qui modifient toute notre vision de nous-même, des autres et du monde en général.
Cela fait toute la différence !
La “gestion du stress” est devenue une opportunité d’expansion
Ce qui est intéressant, c’est que cette dirigeante, simplement en voulant mieux “gérer son stress” a transformé sa relation au contexte actuel … et son activité.
Elle a simplement commencé à travailler sur son propre système et observé que son attitude changeait, que ses pensées évoluaient et que son dynamisme revenait.
Quelque chose avait changé son quotidien, naturellement, sans se forcer à “penser positif”.
Et ses opportunités professionnelles se sont présentées, sans chercher à convaincre davantage, sans augmenter la pression.
À son contact, les autres ont bougé.
L’effet autour de vous
Quand votre base interne est stable :
- vous êtes posé là où les autres sont agités,
- ouvert là où les autres se ferment,
- constructif là où les autres restreignent.
Et cela se ressent.
Les systèmes nerveux des autres le perçoivent, même inconsciemment. Certains resteront figés. Mais beaucoup sentiront le décalage.
Ils remarqueront :
- comment ils se sentent face à vous vs avec les autres
- la qualité des échanges avec vous vs avec les autres
- qui ils sont en votre présence vs avec les autres.
C’est ici que votre leadership s’installe différemment. Pas par domination. Par stabilité.
La paralysie ambiante comme opportunité
Alors si vous voulez réellement changer votre regard sur le contexte actuel, ne commencez pas par vos pensées.
Commencez par la norme de votre système nerveux.
Dans un environnement instable, la stabilité devient un véritable avantage stratégique. Et cette stabilité prend racine dans votre système nerveux.
Ce contexte est bien présent … mais ce n’est qu’une partie de la réalité.
Il est également une opportunité : celle de devenir un thermostat, d’intégrer une base solide et de diffuser cette stabilité autour de vous.
C’est le moment parfait. Pour vous. Autour de vous.
Pour prolonger cette réflexion …
Observez simplement ceci :
Dans quelles situations votre paralysie s’active le plus rapidement ? Un sujet spécifique ? Professionnel ou personnel ? Avec certaines personnes ? Dans certains lieux ?
Et posez-vous la question : Est-ce un choix stratégique ? Ou est-ce mon système qui cherche à se rassurer ?
Vous pouvez ainsi cartographier les aspects où vous ressentez que votre système est en mode thermomètre et où vous souhaiteriez qu’il soit en mode thermostat.
Ce décalage entre votre automatisme et la posture que vous aimeriez incarner est exactement l’espace de travail.
Le leadership commence ici. Dans votre corps.