Vous avez encore sauté votre déjeuner à cause de votre agenda surchargé ?

Et s’il s’agissait aussi d’une réponse de votre système nerveux ?

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Poins clés :

  • Sauter votre déjeuner n’est pas qu’une question d’agenda : c’est souvent votre système nerveux qui place l’urgence avant vos propres ressources.
  • Votre système nerveux a plusieurs « stations » (sécurité, accélération, ralentissement). Le problème n’est pas l’accélération, c’est qu’elle devienne la seule que vous sachiez utiliser.
  • Derrière le « je n’ai pas le temps », il y a des équations apprises très tôt (Faire = être en sécurité, Ralentir = prendre un risque) qui agissent au bureau comme le soir.
  • Pas de nouvelle règle à tenir : on retrouve du choix, accélérer quand c’est nécessaire, ralentir quand c’est possible, en faisant vivre d’autres stations à son système à petites doses.

« Je n’ai pas le temps de déjeuner. »

Cette phrase est un classique chez les dirigeantes, dirigeants, cadres et leaders. Les réunions s’enchaînent, les e-mails attendent une réponse, les dossiers prennent du retard, une décision doit être prise, une équipe a besoin de vous, alors le déjeuner disparaît. Sauf, bien sûr, s’il s’agit d’un déjeuner professionnel.

Beaucoup de mes clients le vivent. Et vous n’imaginez pas combien de fois j’ai sauté le déjeuner quand je travaillais moi-même en entreprise : parfois pour avancer les dossiers, répondre aux e-mails, parfois pour faire une tâche personnelle pour laquelle je ne trouvais jamais le temps. Je pensais toujours que ce qui devait être fait était prioritaire, et que mon déjeuner n’était finalement qu’une option, un luxe que je pouvais avoir la chance de m’accorder exceptionnellement.

J’ai longtemps fonctionné comme ça. Jusqu’à ce que ce rythme finisse par m’épuiser, au travail comme dans ma vie personnelle. J’ai traversé une période de burnout, et j’ai aussi dû faire face à une tumeur à la hanche. Cette période a profondément changé ma manière de regarder mon corps, ma santé et ma façon de fonctionner, surtout dans ma carrière.

Vous trouverez toujours des justifications car effectivement, vous avez beaucoup à faire. Mais si nous prenons un peu de hauteur, il est intéressant de se demander : 

Que se passe-t-il lorsque notre système considère que produire, répondre, avancer et tenir passent toujours avant récupérer, se nourrir ou faire une pause ? 

Car en étant honnêtes avec nous-mêmes, les conséquences vont bien au-delà du déjeuner.

 

En mode urgence, le corps ne raisonne pas comme votre agenda

Prenons les lunettes de votre système nerveux pour observer cette situation. Quand votre système perçoit une situation comme menaçante, il mobilise ses ressources pour y faire face : l’attention se resserre, le corps se prépare à se battre ou à fuir, l’immédiat prend toute la place, et les fonctions moins prioritaires à court terme passent au second plan.

Dans la vie professionnelle, cette « menace » n’a rien d’un danger vital. Ça peut être une boîte mail qui déborde, une réunion difficile, un client à rassurer, une échéance, une incertitude financière, ou simplement l’impression que ralentir, c’est prendre du retard. Quand cette dynamique est devenue familière, elle s’installe bien au-delà des moments réellement urgents.

Selon les situations vécues, votre système nerveux choisit entre plusieurs réponses. Ces réponses, je les imagine comme des stations radios, qui ont des styles très différents, avec 3 stations principales : 

Une station radio de sécurité. Sur cette station, la voix de l’animateur est posée, calme, fluide. Les musiques s’enchaînent tranquillement. Vous pouvez écouter, réfléchir, être actif, dynamique, engagé… sans être dans le rush. Il y a de l’énergie, mais pas d’urgence.

Une station radio d’accélération intense. Sur cette station, tout va très vite. Les animateurs parlent très vite, un peu comme à la fin des publicités radio quand les mentions légales sont débitées à toute vitesse. Les messages s’enchaînent, les sons sont très forts, à peine une musique commence qu’elle est déjà interrompue. C’est la course, la panique.

Une station radio de ralentissement intense. Sur cette station, la voix est très lente, monotone. Il n’y a pas d’énergie. Les musiques sont lourdes, les silences très longs. Son ambiance vous éteint complètement.

 

Quelle station votre système connaît-il le mieux ?

Quand votre journée est saturée, laquelle de ces ambiances prend le dessus ? Votre système nerveux ne repart pas de zéro chaque matin. Il a enregistré des expériences, fait des associations, intégré des manières de réagir, parfois depuis très longtemps. Plus une manière de fonctionner est familière pour votre système, plus elle devient automatique.

Si votre système répond à la pression par « j’accélère » depuis des années, l’accélération est sa réponse la plus accessible quand la pression monte, que toutes les tâches se présentent. 

Vous ne l’avez pas choisie consciemment : c’est devenu votre norme. Vous l’avez même longtemps adorée. On a salué votre capacité à tenir, à répondre vite, à gérer dix sujets à la fois, à ne jamais laisser tomber, à toujours en faire plus. C’est certainement devenu un trait de votre personnalité particulièrement valorisé et cela a même sûrement participé à votre réussite. Alors y renoncer, même un peu, vous plonge dans l’incertitude.

Le problème n’est pas que votre système choisisse cette réponse, cette station. C’est normal et parfois adapté d’être dans un stress important et dans l’urgence. Le problème apparaît lorsque cette ambiance devient la seule station que votre système sait utiliser.

 

Ce que vous payez pour 45 minutes gagnées

Revenons à votre déjeuner. Imaginez réfléchir, décider, parler, marcher, passer d’un sujet à l’autre, répondre à vos équipes à la vitesse de la station d’accélération intense. Puis continuer ainsi pendant des heures. Combien d’énergie cela vous demande-t-il ?

Une voiture lancée à pleine vitesse pendant des heures consomme énormément : c’est intuitif. Pourquoi votre corps ferait-il exception ? Et pourquoi continuer à accélérer alors que le réservoir est déjà bas ?

Le déjeuner n’a pas à devenir un nouvel enjeu de performance. Il révèle simplement votre rapport à vos ressources :

Vous avez faim. Vous savez que vous devriez manger. Vous vous dites « je n’ai pas le temps » et vous continuez à travailler, à produire, à avancer. Alors vous enchaînez les cafés pour vous booster. Mais ce qui se passe réellement, c’est comme si vous ne faisiez pas le plein (ou ne rechargeriez pas votre batterie) tout en continuant à rouler vite et loin. Ça n’est pas durable, ni à court terme pour un trajet et à long terme vous abîmez votre véhicule.

En sautant ce déjeuner, à court terme, vous avez gagné 45 minutes. 

Mais qu’avez-vous perdu ? De la clarté, de la patience, de la créativité, de la disponibilité relationnelle, du recul. Et à long terme, peut-être la capacité d’être en forme pour le challenge suivant, de faire des choix innovants qui soutiennent votre expansion, … et toute la suite de votre carrière.

 

Un corps qui doit suivre l’ambition

Notre culture professionnelle valorise le savoir, les diplômes, l’expérience, la résolution de problèmes, la vitesse, les résultats, la disponibilité, la capacité à gérer toujours plus. 

Et le corps dans tout ça ? Il doit suivre. L’ambition décide. Le corps doit s’adapter.

Cette logique est née bien avant votre carrière : à l’école, dans vos études, dans votre famille, dans les modèles professionnels autour de vous. C’est ainsi que certaines règles sont devenues très familières :

Faire = être en sécurité.
Réussir = être reconnu.
Ralentir = prendre un risque.
Dire non = décevoir.
S’arrêter = perdre du temps.

Tous ces programmes internes, dont vous avez rarement conscience, influencent pourtant tout votre quotidien.

Souvent, le déjeuner n’est pas le problème. Le problème, c’est ce que votre système croit qu’il vous coûte.

 

Là où cela devient un sujet de réussite

Votre système nerveux influence vos journées entières. Au travail, il est présent dans vos pensées, vos croyances, vos décisions, votre manière de diriger, votre écoute, votre créativité, votre rapport à l’incertitude, votre capacité à déléguer, votre façon de traverser un conflit.

Et en dehors du bureau, il l’est tout autant. Votre corps ne fait pas : « 20h, fin de journée, je passe en mode personnel. » La tension accumulée continue d’influencer votre patience, votre sommeil, votre présence auprès de vos proches, votre manière de faire du sport ou votre inactivité, votre capacité à savourer ce que vous avez construit.

Vous pouvez ainsi atteindre une réussite professionnelle importante… sans avoir la capacité physiologique de la vivre pleinement.

 

Comment transformer ce système

Si après cette lecture vous prenez une résolution du type : « Désormais, je déjeune tous les jours à 12h30, quoi qu’il arrive. », ce serait toujours de la survie, mais dans un nouvel emballage. L’enjeu c’est d’intégrer la logique du système nerveux de réintroduire du choix. Cela se passe en trois étapes :

  1. Réexpérimenter d’autres stations, d’autres réponses du système nerveux. Faites vivre à votre système la station de sécurité à petites doses, régulièrement, sans supprimer toute pression. Cela passe par des pratiques neurosomatiques, adaptées, qui redonnent le goût pour cette ambiance à votre système. Ces gestes sont modestes, mais répétés, ils permettent progressivement à votre système d’expérimenter d’autres façons de fonctionner. Et naturellement, vous changez de comportements sans même l’avoir décidé mentalement : vous vous arrêtez quelques minutes, respirez, mangez sans regarder vos e-mails, terminez une réunion avant d’enchaîner sur la suivante, prenez un instant avant de répondre à un nouvel e-mail, marchez sans téléphone, ou vous accordez des micro-instants pour être là sans produire. 
  2. Observer les associations. Grâce à la phase 1, vous avez la capacité d’observer ce qui se passe. Si vous choisissez de prendre une vraie pause, vous ressentez vos mâchoires se crisper, votre respiration s’accélérer, vous agiter, votre concentration se disperser, … Vous observez également les pensées qui émergent, du style : « Je vais prendre du retard », « Je devrais répondre à mes mails », « Les autres vont penser que je ne suis pas assez impliqué », « Je ferai une pause quand tout sera terminé » ? Ce sont ces pensées et ces sensations qui vous permettent de savoir quelle station votre système applique. Et lorsque nous savons où nous en sommes, nous pouvons choisir. 
  3. Retrouver la capacité de choisir. L’objectif n’est pas de ne plus jamais accélérer. Il y aura toujours des journées où vous déjeunerez devant votre ordinateur, des crises pour lesquelles il faudra répondre vite, des périodes plus stressantes. L’accélération n’est pas l’ennemie, elle est très utile. L’enjeu est qu’elle ne soit pas votre seule manière de fonctionner et que votre système nerveux soit flexible pour vous donner la capacité de piloter les choix : d’accélérer quand c’est nécessaire, de ralentir quand c’est possible et que vous décidiez depuis quelle station, quelle ambiance vous voulez répondre à une situation.

 

Façonner une nouvelle fondation de votre système nerveux ne consiste pas à passer d’une vie sous tension à une vie sans tension. Elle consiste à développer assez de capacité pour ne plus être condamné à rester sur la même station de radio, dans la même ambiance.

 

Et un jour, quand votre agenda sera de nouveau saturé, vous regarderez peut-être votre déjeuner autrement : pas comme 45 minutes qui seraient perdues, mais comme une opportunité de faire un choix stratégique.

C’est là que commence une autre manière de réussir.

Pour aller plus loin

Si vous souhaitez explorer votre propre fréquence de fonctionnement, je vous propose un échange de 30 minutes pour regarder ensemble ce qui soutient aujourd’hui votre manière de réussir, et ce qui pourrait évoluer.

👉 Echange découverte – Stratégie Somatique®

 

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